Activée au mois suivant le franchissement du seuil, avec délai d'un mois.
Raffinés/diesel (R) → Coûts industriels (C) → Production manufacturière (M) → PIB
| Mois | Raffinés (R) | Coûts ind. (C) | Prod. manu. (M) | Substit. | PIB sous stress | PIB + réponse gov. |
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Le seuil de déclenchement
C'est le niveau de croissance en dessous duquel Pékin se sent obligé de réagir. La cible officielle est "environ 5 %". En dessous de 4 à 4,2 %, la situation devient politiquement délicate , c'est là que les dirigeants activent leurs leviers d'urgence.
La baseline
C'est le niveau de croissance chinoise avant le choc. Le curseur permet de choisir entre plusieurs estimations : le chiffre officiel du gouvernement chinois (5 %), celui du FMI (4,5 %), celui de la Banque mondiale (4,4 % ou 4 %) ou des estimations indépendantes plus pessimistes comme celle du cabinet Rhodium (3,5 %), qui estime que les statistiques officielles surestiment la réalité.
Les canaux de transmission
Ce graphique montre jusqu'où le conflit peut impacter la croissance économique chinoise, mois après mois, et sur quels leviers le gouvernement peut réagir.
- R , stress sur les raffinés et le diesel : carburants déjà transformés (diesel, gazole, kérosène) qui font tourner les camions, usines et groupes électrogènes. Premier choc, le plus immédiat.
- C , coûts industriels : quand le diesel est cher ou rare, toute la chaîne de production coûte plus cher. Ce surcoût remonte dans les prix de fabrication, avec quelques semaines de décalage.
- M , production manufacturière : environ 35 % du PIB chinois vient de ce que la Chine fabrique. Quand les coûts montent et que les livraisons se compliquent, les usines ralentissent. Canal le plus lourd sur la croissance.
Durée du conflit
Combien de temps le détroit restera perturbé ? Plus c'est long, plus les trois canaux s'accumulent.
Intensité du choc
Perturbation partielle (×0,5) ou fermeture quasi-totale du détroit d'Ormuz (×1,5) ?
Les trois corridors de substitution
La Chine ne reste pas sans rien faire face au manque de carburant. Elle peut s'approvisionner ailleurs :
- Immédiatement via ses réserves stratégiques de pétrole (SPR), l'Afrique ou l'Amérique latine
- À moyen terme via la Russie (par l'oléoduc sibérien ESPO) et l'Asie centrale (Kazakhstan, Turkménistan)
- Plus tard via le corridor Chine-Pakistan (CPEC), un grand projet d'infrastructure encore en développement
Plus ces curseurs sont montés, plus la Chine compense le choc , et moins la croissance chute.
Les leviers gouvernementaux
La courbe verte montre ce qui se passe quand le gouvernement réagit. Il dispose de trois types de leviers :
- La banque centrale chinoise (PBOC, l'équivalent de la BCE) peut injecter de l'argent dans le système et baisser les taux pour que les entreprises empruntent moins cher
- L'État peut lancer des grands travaux et dépenser plus , c'est ce que signifient les obligations spéciales d'infrastructure (专项债) que l'État émet pour financer routes, ports et réseaux énergétiques
- Il peut débloquer ses réserves stratégiques de pétrole et administrer les prix des carburants, et contrôler le taux de change du yuan pour éviter que les hausses de prix ne se transmettent trop vite à l'économie