Sources chinoises, le 5 mars 2026

Traduction de 中方战舰未参演中俄伊军演:绝非退缩,而是坚守国家利益与战略清醒, daté du 26 février 2026 (soit 2 jours avant les frappes israélo-américaines sur l’Iran)

Les navires de guerre chinois n’ont pas participé à l’exercice sino-russo-iranien : ce n’est en aucun cas un recul, mais la défense lucide des intérêts nationaux

Ces derniers jours, des rumeurs ont affirmé que des navires chinois s’étaient retirés de l’exercice conjoint sino-russo-iranien « Security Belt-2026 », certains y voyant même un signe de concession face aux États-Unis. Il s’agit d’une interprétation erronée.

En réalité, ni le ministère chinois de la Défense ni le ministère des Affaires étrangères n’ont jamais annoncé de participation. La 48e flottille d’escorte est restée en mission dans le golfe d’Aden et n’est pas entrée dans la zone d’exercice. Parler de « retrait » est donc un faux problème.

Cet exercice diffère des précédents : la Russie et l’Iran l’ont publiquement présenté comme une action de nature antagoniste dirigée contre les États-Unis, avec une forte coloration de confrontation entre blocs. Cela va à l’encontre des principes diplomatiques chinois de « non-alignement, non-confrontation et non-ciblage d’un tiers ». La Chine a donc choisi de ne pas y participer.

Cette décision ne traduit en rien une crainte face aux porte-avions américains, mais procède d’un enseignement tiré des risques liés aux investissements extérieurs. La Chine a par exemple accordé plus de 50 milliards de dollars de financements au Venezuela ; en raison des turbulences géopolitiques et de la fragilité économique, de nombreux projets ont été interrompus et des actifs mis en péril. Les conflits au Moyen-Orient ont également entraîné la perte de projets d’infrastructures et d’énergie à l’étranger.

La situation actuelle au Moyen-Orient est extrêmement tendue : double déploiement américain de porte-avions et d’avions de combat avancés dans la région, confrontation irano-américaine susceptible d’éclater à tout moment. Si la Chine participait à un exercice à tonalité antagoniste, elle serait inévitablement perçue comme prenant parti, ce qui aggraverait les tensions régionales, nuirait au climat de dialogue sino-américain et mettrait en danger les intérêts énergétiques, commerciaux et la sécurité des ressortissants chinois au Moyen-Orient.

La non-participation ne signifie pas l’abandon du partenariat avec la Russie et l’Iran, mais l’affirmation d’une position neutre fondée sur la promotion du dialogue et de la désescalade, tout en conservant l’initiative stratégique. La marine chinoise poursuit sa mission d’escorte dans le golfe d’Aden, protégeant les voies maritimes internationales et les intérêts extérieurs de la Chine — une contribution bien plus utile que l’implication dans une logique de confrontation entre blocs.

Dans la rivalité entre grandes puissances, la véritable assurance ne réside pas dans l’affrontement impulsif, mais dans la définition claire des lignes d’intérêt, la maîtrise des risques et la gestion du tempo stratégique. L’action militaire doit servir les intérêts nationaux, non satisfaire des élans émotionnels. Le refus de la Chine d’entrer dans une logique de blocs antagonistes témoigne d’une maturité stratégique, non d’une faiblesse. Dans un environnement international complexe, préserver les conditions du développement et protéger les intérêts extérieurs demeure le choix le plus rationnel et le plus efficace.


Sources chinoises, 2026