Sources chinoises, le 23 juillet 2026
FIMI signifie Foreign Information Manipulation and Interference (manipulation de l’information et ingérence par des acteurs étrangers).
Le concept a été forgé par le SEAE, le service diplomatique de l’Union européenne, pour dépasser la notion de « désinformation » : il désigne un comportement, le plus souvent légal, coordonné et intentionnel, mené par un acteur étatique étranger ou ses relais, qui menace les valeurs, les procédures et les processus politiques démocratiques.
On ne juge plus la véracité du contenu, on qualifie le comportement de celui qui le diffuse. Un texte entièrement exact peut donc relever de la FIMI si sa production et sa diffusion sont manipulatoires (présentation générale sur le site du SEAE).
Le premier (février 2023) fixe la méthodologie d’analyse.
Le deuxième (janvier 2024) bâtit, sur 750 incidents étudiés, un cadre de réponse commun.
Le troisième (mars 2025) introduit la FIMI Exposure Matrix, qui classe les canaux de diffusion en quatre niveaux : canaux officiels d’État (ambassades, porte-parole), médias contrôlés par l’État (China Daily, RT), canaux liés à l’État sans le déclarer, et canaux alignés sans lien démontrable.
Le quatrième (mars 2026) ajoute une boîte à outils de dissuasion visant à rendre les opérations plus coûteuses pour leurs auteurs.
Le cadre ABCDE décompose tout incident en cinq questions : Actor (qui agit), Behaviour (comment), Content (avec quel contenu), Degree (avec quelle ampleur et quelle cible), Effect (avec quel effet).
La taxonomie DISARM (Disinformation Analysis and Risk Management), inspirée du référentiel de cybersécurité MITRE ATT&CK, dresse le catalogue normalisé des tactiques, techniques et procédures (TTP) des opérations d’influence — dissimulation d’affiliation, caution de tiers, blanchiment d’information par un média hôte crédible, etc. — et donne aux analystes un vocabulaire commun.
L’OCDE aborde le même problème par la gouvernance.
Son rapport « Facts not Fakes » (mars 2024) définit l’intégrité de l’information autour de trois piliers : transparence, responsabilité et pluralité des sources d’information ; résilience de la société face à la manipulation ; adaptation des institutions publiques.
Appliqué au cas présent, le premier pilier fournit le critère décisif : la transparence du parrainage exige une séparation effective, et non seulement formelle, entre publicité et contenu rédactionnel — un bandeau discret sur un texte qui imite en tout point l’article de fond satisfait la lettre du critère et en trahit l’esprit.
Sources chinoises, 2026